La nuit est plutôt calme. On entend les pas des infirmières des autres services, les portes qui claquent ici et là, les râles des patients du service de soins palliatifs où travail Eilly.
Elle remplit les dossiers infirmiers quand elle entend le bruit, ce bruit si familier mais presque insupportable, celui de la sonnette d'appel de la chambre 283.
- "C'est encore cet em... de Monsieur Johnson qui réclame sa dose de morphine alors qu'il doit juste appuyer sur le bouton de la pompe pour avoir son antidouleur."
Elle se dirige vers la chambre, en pensant
- " Et dire que je pourrais être chez moi au lieu de... "
Soudain, une ombre semblant se diriger vers la chambre 283 l'interrompt dans ses pensées. Elle entre dans la chambre, il n'y a personne, elle doit être trop fatigué, son imagination lui joue des tours.
Monsieur Johnson dort profondément et donc elle décide de ne pas le réveiller.
Alors qu'elle est sur le point de partir, le monitoring sonne bruyamment, c'est le c½ur, le rythme augmente, il est déjà à 140 et augmente encore. Monsieur Johnson est pris de violente secousse et hurle:
- " Va t'en ! Laisse moi tranquille ou brûle en enfer ! ".
Elle cours vers la porte pour appeler Hanaé, pour qu'elle appel le médecin et amène le chariot d'urgence.
Eilly se retourne vers le patient qui s'arrête tout à coup de convulsionner. Le monitoring ne cesse de sonner, de cette longue et stridente sonnerie, celle qui annonce la mort.
Elles tentent à deux de réanimer se pauvre Monsieur Johnson....
Une heure plus tard, le médecin est passé, Monsieur Johnson est mort. Eilly et Hanaé ont déjà commencé la toilette mortuaire.
En cherchant, dans la garde robe, de quoi habiller Monsieur Johnson, Hanaé fait tombé un livre étrange, la couverture en cuir est toute craquée et le bord des pages semble être maculé de sang. Elle le montre à Eilly et le dépose à côté de la main du patient.
Lorsqu'elle veut le reprendre, elle sent une main froide et humide lui attrapé le poignet. C'est celle de Monsieur Johnson. Il relève son buste, son lit est une marre de sang, son visage n'est que haine, du sang coule en mince filet de sa bouche...
Tout à coup, un bruit sourd se fait entendre, un bruit de tôles froissées....
Ce n'était qu'un cauchemar.
Le jour est déjà levé. Eilly se sent soulagé mais elle pense « il fait jour, ce n'est pas possible ! Quel l'heure est-t-il ? ». L'horloge murale, qui fonctionne sur pile, indique 9h43. Elle devrait être à l'hôpital depuis 7h. Son réveil est éteint il n'a donc pas put sonner.
Elle se dirige dans la salle de bain et appuie sur l'interrupteur. Ca ne s'allume pas, l'ampoule est morte ? Elle essaye d'allumer la veilleuse, sans succès. C'est une panne de courant, sa journée commence bien. Tant pis pour la douche, elle la prendra à l'hôpital.
En s'habillant, elle se rappelle son cauchemar et le bruit de tôles froissées. « C'était quoi ? Ca semblait si réel ! »
Elle regarde par la fenêtre car il y a du chahut dans la rue, il y a eut un accident de voiture, il y en a deux qui se sont percutées...